LA LETRA OCCITANISTA

MARSEILLE 17 OCTOBRE 2015

Regions et Peuples Solidaires

Partit Occitan

Réseaux sociaux

mer.

28

déc.

2011

Pour une politique des transports de proximité ou un simple réaménagement de la grande vitesse ?

 

« En refusant de recevoir le 22 décembre à Marseille les représentants des collectifs hostiles au projet de LGV-PACA, après six semaines de mise en échec d’une pseudo concertation, le préfet de Région a rendu son verdict : on repousse la décision de tout projet à six mois, on ne parle plus de grande vitesse et on adopte une réponse mixte répondant aux transports de proximité et au fret. L’accord de ce COPIL serait « historique » puisque l’Etat, RFF, la Région, les CR des départements traversés, les Communautés d’agglomérations concernées se sont félicités de cette décision. Tant il est rare que les « grands travaux » de l’Etat (infrastructures lourdes dont le nucléaire) soient ainsi remis en question

 

Interrogeons-nous sur le bien-fondé de cette déclaration qui semblerait donner raison aux nombreux opposants au projet. Lisons entre les lignes :

- Le dispositif nouveau consisterait à reporter à juillet 2012 la décision d’un faisceau de référence : la LGV n’est donc pas oubliée(« le projet est accepté voire attendu », Coter du 6/12) et c’est cette nuance stratégique avouée qui remet en question la déclaration d’apaisement précédente. Les différents Coter privilégient les gares métropoles comme étant ce qui fait encore question et il est fait mention de travaux souterrains à Marseille et Toulon vers Vintimille. Quand on sait le rapport coût/temps que ce type de travaux induit (tunnel de Toulon), on peut s’interroger sur la faisabilité d’une nouvelle voie annoncée.

- La préférence annoncée aux transports de proximité (220km/h) et au fret, face à la grande vitesse (+ de 300km/h) devrait être programmée dans le prochain contrat Etat/Région. Mais rien n’est ici assuré, tant les promesses en matière d’aménagement sans les financements nécessaires, par expérience sont sujettes à caution.

- Il nous est difficile de rejoindre la position de M.Vauzelle qui, au nom de l’Arc méditerranéen, rejoint celle de C. Estrosi sous couvert de fluidité du trafic international. Ce trafic est et reste dans un rapport marchand-néolibéral de flux touristiques, sans rapport avec les besoins des occitans et des catalans- de Nice à Perpignan et au-delà. Ce n’est pas cette Europe que nous défendons, mais celle de la proximité des peuples et des régions.

 

La résistance à la LGV-PACA

- L’évolution des élus locaux sous la pression de la société civile a été déterminante : c’est la variable d’ajustement pour la suite à donner au projet. C’est en effet dans une période préélectorale qu’ils se sont opposés au projet qui touche leurs communes. Les six mois qui viennent seront au cœur de leur choix futur. Déclarer que ce sont leurs administrés qui devront supporter la contribution imposée aux collectivités territoriales est chose difficile quand le jeu du pouvoir est à triple détente : locale, régionale et nationale

- D’autres se disent favorables à la mise en place d’un tronçon partiel entre Vintimille et Nice, en attendant une jonction avec la future LGV. Monaco se désengage puisque ne faisant pas partie du tracé initial. La volte-face de J-C Gaudin, défavorable puis favorable à la LGV dans la même journée, est à l’image d’une politique visionnaire des transports de la part de ces élus. Il est évident que les élections de 2012 seront déterminantes dans leur choix. Et comme chacun voit midi à sa porte, tout dépendra pour eux du rapport des forces en présence.

 

Ce que nous voulons.

- La modernisation du réseau régional existant doit dépasser une réponse de principe faite aux usagers. Elle ne doit pas être le prétexte d’une ligne à grande vitesse déguisée.

- Le coût et les nuisances de toute voie nouvelle doivent être précisés en mettant en avant l’intérêt des populations concernées. Dans la Vallée de l’Huveaune et dans le Var, nous ne voulons pas d’une LGV bis au nom d’un « approfondissement » du projet initial.

- L’arrêt déclaré des études n’est pas la fin de notre vigilance. C’est à un renforcement de la concertation entre les associations, les élus, les collectivités territoriales que nous appelons. Il faut sortir définitivement de ce projet parachuté d’en haut qui ne peut répondre aux besoins des Provençaux et de la Provence. »

 

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ven.

23

déc.

2011

Condamnation du Groupe Pizzorno : un pas pour l’environnement, un grand pour la justice !

Toulon le 23/12/11

 

 

Le 15 décembre 2011, suite à une plainte de la Mairie de Bagnols en Forêt, le Groupe Pizzorno et deux de ses filiales (la SMA et la SOVATRAM) ont été déclarés coupable par le Tribunal de Draguignan « d’exploitation illégale » de la décharge de Bagnols en Forêt, de « Faux » et de « Pollution ». Le montant total des amendes et des contraventions s’élève à 1 Million d’Euros.

 

Le groupe Pizzorno, délégataire de service public pour le Syndicat Mixte du Développement Durable de l'Est-Var pour le Traitement et la Valorisation des Déchets Ménagers (SMIDDEV), a déversé sans autorisation, de 2004 à 2007, 87 000 tonnes de mâchefers provenant de l’usine d’incinération d’Antibes et des boues provenant de la station d’épuration de Fayence.

 

Le Partit Occitan, attaché à la protection environnementale de la Provence et soucieux de la santé de ses habitants, salue le courage et la pugnacité de Monsieur Tosan, Maire de Bagnols en Forêt, et se félicite du jugement rendu. Le POc espère que le verdict servira d’exemple et entrainera une réflexion de fond sur la gestion des déchets dans l’Hexagone. Car si la répression est louable, elle ne peut être la solution unique à un problème. Elle doit s’accompagner d’un travail à la base pour que le risque de fraude soit limité. Ce qu’il faut avant tout, c’est de la prévention.

 

Aussi pour ce qui concerne les mâchefers c'est-à-dire les résidus de combustible des ordures ménagères produits par les usines d’incinération et le que-fait-on-avec, il est indispensable d’aller à la racine du problème. Et le problème, c’est la gestion des déchets.

 

Pour le POc, la solution est politique. Il faut que les élus mettent en place, tant au niveau local qu’au niveau de l’Etat et de l’Europe, les outils qui à la fois permettront, en agissant à la source, de limiter la fabrication des déchets (limitation des emballages par exemple) et en aval de mieux valoriser durablement les déchets (à des travers des actions comme le tri, le recyclage ou le compostage).

 

Enfin, Le Partit Occitan constate, ironie de l’histoire, qu’au même moment où Pizzorno se faisait condamner par la Justice pour ses agissements, la Marianne d’Or, trophée qui « confirme l’exemplarité d’une politique, au service du citoyen et la saine gestion de l’argent public» lui était remis aux côtés des élus UMP de la région. Gratifier une entreprise d’une récompense républicaine alors que cette dernière est lourdement condamnée par la Justice, ça aussi c’est un choix politique !

 

Pour le bureau du POc– Provence

Le secrétaire régional,

Pèire Costa

 

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lun.

26

sept.

2011

Les plaques de nom de rues en occitan de la Seyne ou le symbole de la prise en compte de la diversité culturelle

A l’initiative de la majorité municipale et de son élu du Partit Occitan, Miquèu Tournan, la Ville de la Seyne a inauguré samedi 17 septembre une vingtaine de plaques de nom de rue en occitan, faisant du centre de la commune un espace bilingue.

 

 

Cette opération que le Partit Occitan salue chaleureusement est un symbole de la lutte pour la diversité culturelle. La langue d’oc, vieille de plus de 1 000 ans, a versé au patrimoine mondial de l'humanité un prix Nobel de littérature avec Frédéric Mistral. Elle a Influencé de nombreuses cultures (la graphie de la langue portugaise s’inspire de la graphie occitane) mais est aujourd’hui classée par l’UNESCO comme langue « sérieusement menacée de disparition ». Au même titre que les langues bretonne ou corse, elle a subi les politiques culturelles uniformisatrices pluriséculaires de l'Etat. La situation des langues régionales en France est bien le produit de ce que certains vont jusqu’à qualifier de génocide culturel. Les langues ne meurent pas naturellement ! Ce sont les choix politiques qui les tuent!

 

Sans l’intervention des collectivités locales, et en particulier des Régions qui disposent encore, avant que ne soit appliquée la réforme des collectivités, d’une clause de compétences générales, les langues régionales seraient dans un état de délabrement certainement beaucoup plus avancé.

 

L’attitude de la France à l’égard de son patrimoine linguistique est une exception en Europe. Elle est avec la Grèce le dernier Etat de l’Union Européenne à ne pas s’être encore doté d’outils (ratification de la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires, Articles Constitutionnels, Lois, Secrétariat d’Etat, etc.) pour mener de politiques en faveur des langues régionales.

 

Pourtant une demande sociale ferme et pacifiste s’exprime depuis des années pour que l’occitan reprenne sa place dans la société. Les dizaines de milliers de citoyens qui sont descendus dans les rues à Béziers (2007) et à Carcassonne (2005 et 2009) mais aussi le résultat du sondage du journal Var Matin du 19 septembre sur son site Internet (88% des personnes exprimées sont « favorables au retour des noms en occitan des rues de la Seyne »), sont autant de démonstrations qui montrent avec clarté la volonté populaire de bâtir une société respectueuse des langues régionales et ouverte sur toutes les diversités culturelles.

 

Le POc demande que l’initiative de la ville de la Seyne soit généralisée à l’ensemble des communes de Provence et d’Occitanie. Il en appelle à toutes les Collectivités locales pour qu'elles prennent leurs responsabilités et engagent, dans la mesure de leurs moyens et de leurs compétences, des actions pour que l’occitan prenne toutes sa place : signalisations bilingues, campagnes de promotion, aides aux acteurs culturels, soutien à l’enseignement bilingue, etc...

 

Enfin le prochain Président de la République qui sera élu en 2012 devra s’engager dans une profonde modernisation des politiques culturelles de la France en offrant aux langues régionales un réel cadre juridique et des véritables perspectives d'avenir.

 

Pour le bureau du POc– Provence

Le secrétaire régional,

Pèire Costa

 

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sam.

17

sept.

2011

RFF nous laisse le choix de la couleur, du moment que c’est du noir !

RFF organise du 15 au 15 décembre 2011, une série de réunions publiques sur le futur tracé LGV en Provence. Si l’objectif présenté par RFF de ces rencontres est de « construire ensemble le meilleur projet possible », Le Partit Occitan Varés qui était présent au lancement de ces discussions pour le Var mercredi dernier, craint que ce qui est annoncé comme une concertation soit en réalité un échange de sourd.

 

Alors que la Démocratie supposerait que RFF entende l’avis des Provençaux et prenne en compte leur hostilité vis-à-vis de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) ainsi que leur souhait répété sans cesse depuis 2005 de construire un réseau ferroviaire de proximité performant et respectueux du territoire, RFF s’entête à faire la sourde oreille. Ainsi dans les scénarios envisagés par ce dernier (qui sont au nombre de quatre) aucun n’envisage l’abandon de la LGV. RFF se comporte comme si tout était déjà bouclé. Mais pour beaucoup dont le POc, la LGV ne passera pas en Provence !

 

Pour le POc, dans un contexte de crise économique grave, d’explosion de la dette publique (1 646,1 milliards d'euros pour la France), avec un cout prévisionnel estimé entre 15 à 17 Milliards d’Euro (chiffres officiels de RFF), il est irréaliste de lancer de tels travaux. D’autant plus que les retombées financières, même à long terme, restent encore à démontrer. Alors que l’Etat et les Collectivités cherchent par tous les moyens à faire des économies, RFF propose un projet exorbitant dont le montage financier reste opaque.

 

RFF affirme que La finalité de la LGV serait de « fluidifier l’ensemble du trafic ferroviaire » entre Nice, Toulon, Marseille et Paris mais aussi de « désenclaver Nice et l’est de la Provence ». Désenclaver ? D’après RFF, l’est provençal souffrirait donc d’isolement et son économie en subirait les conséquences. Mais de qui se moque t’on à RFF ? Le PIB par habitant des Alpes-Maritimes est exactement à hauteur du PIB hexagonal et européen (29 000€/habitant). Nice est la première ville hôtelière de Provence et la deuxième de France. Son attractivité est telle qu’en matière d’immobilier, à cause de la raréfaction de l’offre et l’explosion de la demande, le prix du mètre carré y flambe. Il s’y négocie à 4 400€ soit 1 000€ de plus que la moyenne hexagonale alors qu’à Marseille il est de 3 300€ et à Toulon de 2 830€. L’Est de la Provence est tout sauf enclavé !

 

Quant à la liaison Toulon-Marseille actuelle, elle sert essentiellement au transport pendulaire des travailleurs qui résident dans le Var et travaillant sur Marseille. Pour le POc, plutôt que de construire une ligne LGV entre ces deux Villes, il serait préférable de repenser la répartition territoriale de l’emploi. Car chaque jour, ils sont, d’après l’INSEE, 7 300 travailleurs à quitter l’aire toulonnaise pour se rendre sur leur lieu de travail basé sur la Métropole Marseillaise (rapport établi en 2004 « Déplacements domicile-travail : une interdépendance forte entre les territoires de la métropole provençale »). S'il est indispensable de diminuer la production de CO2 en baissant le trafic routier, le fait de multiplier le nombre de voies ferrées entre Toulon et Marseille ne résoudra pas à lui seul le fonds du problème qui est le déséquilibre régional de l’offre d’emplois qui se concentre sur Marseille et sa région. La LGV fragilisera encore plus l'environnement et les terres agricoles déjà dévastés par une urbanisation incontrôlée et aura pour conséquences d’accompagner, voire d’encourager la concentration économique à Marseille au détriment de Toulon et des autres territoires.

 

Pour le Partit Occitan Varés, le projet « LGV PACA » est inutile pour notre région et ses habitants, ruineux pour les finances. Il rend impossible un véritable développement des transports ferroviaires , sacrifiant au culte de la vitesse la richesse environnementale provençale.

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lun.

25

avril

2011

Sortons du nucléaire !

Le 26 avril 1986, le réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait, causant la mort par irradiation de dizaines de milliers d’Ukrainiens, Biélorusses et de Russes, entrainant une catastrophe écologique sans précédent dont les conséquences financières sont estimées selon Greenpeace a 1000 milliards d’Euro. Mais les nuages, y compris les radioactifs, ne s’arrêtent pas aux frontières politiques des Etats nations et celui radioactif de Tchernobyl a touché et contaminé l’Europe occidentale dont l’Occitanie. Les conséquences sanitaires de ce drame pour la France sont aujourd’hui bien connues : cancer de la thyroïde, leucémie, contamination des sols et des produits agricoles.

 

25 ans après Tchernobyl c’est le réacteur de la centrale de Fukushima au Japon, pays réputé comme étant au top de la maitrise du nucléaire qui rentrait en fusion.

 

Le 26 avril nous commémorons jour pour jour le 25ème anniversaire de l’explosion de Tchernobyl. Depuis, nombreux sont les pays notamment en Europe qui ont stoppé le développement de l’atome. La France reste une exception. Rien n’a été fait pour mettre en place une alternative au nucléaire. Quand l’Italie décide un moratoire sur le nucléaire après l’explosion de Fukushima, la France en fait un sur le photovoltaïque. C’est ça l’exception française : s’entêter dans une filière couteuse et dangereuse quand tout le monde réfléchit à une sortie du nucléaire au nom d’un choix énergétique fait il y a 40 ans.

 

Pourtant les solutions sont d’ores et déjà connues et s’il faudrait 20 ou 30 ans pour sortir du nucléaire, on sait que se passer de l’énergie atomique est possible.

 

Pour le Partit Occitan, la solution réside dans la recherche de l’autonomie énergétique des territoires, par l’exploitation et le croisement des ressources énergétiques naturelles et renouvelables spécifiques à chaque région. N’était ce pas l’Occitanie que le poète Frédéric Mistral appelait l’Empèri dau Solèu tant le soleil y est puissant ? Et puis il y a le vent, le Mistral, que l’on peut transformer aisément grâce aux éoliennes, la force des courants dans les rivières, la biomasse que l’on tirerait des ressources de la forêt, etc.

 

Oui, la sortie du nucléaire est la seule condition à une réelle indépendance énergétique et à un développement durable des territoires. Elle ne sera possible que par une volonté politique forte. Pour cela le Partit Occitan appelle les citoyens à se joindre à ses côtés pour commémorer le Tchernobyl Day.

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