LA LETRA OCCITANISTA

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Orange Divisions sur tous les fronts - Le Dauphiné - 15 décembre 2019

Six listes sur la ligne de départ. Il n’y en a jamais eu autant, depuis trente ans. Le fruit de très chères divisions. De la gauche à l’extrême droite, toutes les couleurs de l’échiquier politique orangeois seront représentées aux prochaines municipales.

 

Jacques Bompard, élu maire dès 1995 à la faveur d’une triangulaire avec 87 voix d’avance, brigue un cinquième mandat. Face à lui, Pierre Marquestaut, candidat pressenti pour emmener les LR au combat, Carole Normani soutenue par La République en marche, Fabienne Haloui à la tête d’une liste de gauche, Serge Marolleau avec une liste écolo-citoyenne soutenue par EELV, et Xavier Magnin avec l’appui du Rassemblement national.

 

C’est d’ailleurs de là que viennent les attaques les plus virulentes contre le maire sortant Jacques Bompard. De son propre camp. De son ancien directeur de cabinet et neveu par alliance, Xavier Magnin qui multiplie les offensives, épaulé par son directeur de campagne, André-Yves Beck, ancien directeur de la communication à la Ville d’Orange.

 

Feront-ils vaciller le maire sortant confortablement élu depuis 2001 au soir du premier tour avec près de 60 % des voix ? La réponse de ce mano a mano dans les urnes le 15 mars. En tout cas, depuis les sénatoriales de 2014 où Marie-Claude Bompard s’était présentée privant le FN d’un sénateur, les relations avec le RN, alors même que Jacques Bompard avait été l’un des fondateurs du parti aux côtés de Jean-Marie Le Pen, n’ont jamais été aussi tendues.

 

Une redistribution des cartes

 

Pour autant, ce duel annoncé à l’extrême droite ne doit pas faire oublier les autres listes qui se poseraient bien en arbitres. Même si l’union que certains appelaient de leurs vœux ne sera restée une nouvelle fois qu’un souhait. La démission en septembre de Gilles Laroyenne des LR a complètement redistribué les cartes.

 

Alors qu’il était pressenti pour conduire l’union, il s’est rangé derrière la cheffe de file orangeoise de la LREM, Carole Normani. Aux dernières législatives, poussée par l’élan national macroniste, elle avait failli détrôner Jacques Bompard. Aux municipales, elle mise sur l’ouverture.

 

 

Orphelins de leur candidat, les militants LR sont restés quelques semaines sous le choc. Et pendant plusieurs mois, la question s’est posée. Y aura-t-il une liste LR aux prochaines municipales ? La réponse est tombée il n’y a pas si longtemps. Poussée par des militants, une équipe de 35 noms s’est constituée.

 

Une manière d’endiguer la fuite des LR vers le RN et d’assurer la survie à Orange d’un parti qui aura connu ses heures de gloire, avec un Thierry Mariani, député puis ministre des Transports sous Nicolas Sarkozy avant de rejoindre Marine Le Pen. Le nom sera dévoilé en janvier, mais Pierre Marquestaut demeure le candidat pressenti pour emmener les LR aux municipales.

 

Une union au deuxième tour ?

 

À gauche, la division n’aura pu être évitée. La conseillère municipale communiste Fabienne Haloui et Régine Pellegrin, conseillère municipale socialiste, nourrissaient le projet d’une liste d’union avec l’écologiste Serge Marolleau. Là aussi, les longues discussions de ces dernières semaines n’ont pas abouti.

 

Alors que sur de précédents scrutins, les principaux protagonistes avaient trouvé le chemin de l’entente. Ce ne sera pas pour les municipales. « Si ça n’a pas marché, c’est que personne n’a voulu dépasser ses étiquettes politiques » regrette Serge Marolleau à la tête d’une liste écolo-citoyenne. « On a fait de nombreuses propositions.

 

Elles sont restes lettres mortes » répond Fabienne Haloui à la tête d’une liste solidaire et écologique. Cette union impossible au premier tour, certains la voient possible au second. Encore faudra-t-il dans cette ville droitière arriver à passer la marche du premier round…

 

 

En 2014, Jacques Bompard était réélu dès le premier tour avec 6 879 voix soit un score de 59.82 %. Derrière lui, la liste citoyenne et socialiste, “Aimer ma ville”, conduite par Anne-Marie Hautant qui avait recueilli 15.16 % des suffrages, suivie du candidat UMP, Jean-Philippe Maton-Weismann, qui avait réalisé un score de 12.76 %. Fabienne Haloui, partie sous l’étiquette Front de gauche, avait récolté 8.67 % des voix tandis que Laurent Concetti de la droite nationale et républicaine n’avait obtenu que 3.59 % des voix ne lui permettant pas de siéger dans l’opposition.