LA LETRA OCCITANISTA

MARSEILLE 17 OCTOBRE 2015

Regions et Peuples Solidaires

Réseaux sociaux

Conseil municipal : je t’aime moi non PLU - Le Dauphiné - 15 février 2019

Vendredi 15 février, quinze points étaient à l’ordre du jour du conseil municipal. Une réunion largement dominée par des échanges houleux entre la majorité et l’opposition sur fond de plan local d'urbanisme (PLU).

 

« Bienheureux les ignares, ils dormiront tranquilles », lançait Gilles Laroyenne, conseiller de l’opposition (LR). Autour de la table, la majorité s’offusque, chuchote avec le voisin ou la voisine de droite. Tandis que le Républicain poursuit sa lancée : « Sans surprise, votre PLU (plan local d’urbanisme) est cohérent avec vos incohérences. » Le ton est donné.

 

Trois votes contre, une abstention

 

Ce vendredi matin, alors que le conseil municipal n’en était qu’au premier point de son programme, l’ambiance était déjà électrique entre la majorité et l’opposition. Si bien que le sigle PLU aurait pu être banni du vocabulaire de tous les acteurs présents ce jour-là.

 

En tout cas, il semble avoir été banni par Anne-Marie Hautant, conseillère d’opposition EELV, Christine Badinier, de l’association citoyenne Aimer ma ville, et de Gilles Laroyenne. Tous trois ayant voté contre la révision de ce plan, tandis que Fabienne Haloui (PCF) a, quant à elle, préféré s’abstenir.

 

Par délibération du 27 octobre 2017, le conseil municipal a approuvé ce PLU. Celui-ci s’est poursuivi avec l’élaboration d’un plan d’aménagement et développement durable développé en quatre axes. À savoir : Orange, ville dynamique à taille humaine ; Orange, ville attractive ; Orange, ville durable et Orange, ville connectée.

 

Toutefois, suite à une concertation publique, les retours n’ont pas fait l’unanimité non plus. En particulier pour la chambre d’agriculture de Vaucluse, l’association pour la défense de l’environnement orangeois, France nature environnement et l’Institut national de l’origine et de la qualité qui ont rendu un avis défavorable assorti de plusieurs recommandations. Celles-ci portent notamment sur l’extension de l’urbanisation au sud de l’autoroute, plus précisément sur le secteur du Peyron.

 

« D’une queue-de-cochon, on ne fait pas une aigrette »

 

De son côté, Fabienne Haloui, a tenu à mettre en évidence l’importance de dynamiser le centre-ville, partageant ainsi l’avis de la majorité. Ce que Jacques Bompard n’a pas manqué de souligner, infantilisant par la même occasion la conseillère. « Je vous remercie d’être d’accord, ça vous différencie des autres oppositions qui ne font que de la critique stérile et incantatoire donc je vous complimente », a-t-il lancé tandis que la principale concernée s’est contentée de hausser les sourcils l’air embarrassé.

 

À Christine Badinier de prendre le micro. Cette dernière, du groupe Aimer ma ville, a quant à elle mis en exergue le manque de clarté et surtout l’absence de réelle concertation. « On n’est informé de rien, on ne comprend rien aux documents. Il n’y a même pas de concertation et je suis interdite de parole en commission ! ».

 

« Vous prenez vos rêves pour des réalités », lançait un des élus autour de la table pendant que le premier magistrat fomentait une attaque de plus à l’encontre de la majorité, infantilisant, par la même occasion la conseillère : « Madame Badinier elle est très fâchée car il n’y a pas eu de concertation. Je vais vous expliquer ce qu’est une concertation. […] Si vous n’y comprenez rien, je n’y peux rien. D’une queue-de-cochon, on ne fait pas une aigrette ». Autour de la table on rit à gorge déployée si bien que l’on commence à se demander si cette scène burlesque est bien celle d’un conseil municipal…

 

Autant dire qu’avec ce spectacle de haute voltige, le vote de budget est passé quasi inaperçu. Et pourtant, s’il y a bien une chose qui a fait l’unanimité ce matin-là autour de la table, c’est bien celle-là.

 

UN POUR TOUS, TOUS POUR LES CHORÉGIES

 

« Nous avions une association des Chorégies et donc la possibilité de travailler de manière autonome sur un territoire, ce qui a disparu grâce à vos œuvres », fustigeait Anne-Marie Hautant. Et ce tout en pointant du doigt ce qu’elle considérait comme étant « un manque de soutien de la part de la municipalité envers une structure qui a failli mourir ».

 

En cause ? La signature d’une convention visant à déterminer la nature des obligations de la Société publique locale (SPL) créée spécialement pour les Chorégies. Cette SPL, dédiée à la gestion et au développement des manifestations et événement se rapportant aux Chorégies, rassemble trois collectivités (Région, conseil départemental et la ville d’Orange) dans le but de pérenniser l’un des plus anciens festivals de France.

 

À ce titre, une convention a été établie sur 2019-2021 afin de définir la nature des obligations que confient les trois collectivités à la SPL. Mais aussi de fixer les compensations correspondant à l’exécution de ces obligations. Des compensations s’élevant pour la ville à 152 450 euros soit 12,68 % de la part totale. Mais le vrai problème, pour la conseillère écologiste, c’est qu’une association autonome passe à la trappe. Une raison pour laquelle elle a d’ailleurs directement attaqué Jacques Bompard. « Vous avez développé vos talents pour détruire les structures partout où vous arrivez. »

 

Règlements de comptes ou débats ?

 

Ce à quoi Marie-Thérèse Galmard, adjointe aux affaires sociales, a rétorqué : « Vous n’avez pas honte de raconter des choses pareilles ? » Ceci avant de subir elle-même les foudres de l’écologiste qui lui a coupé le soufflet en rappelant : « Vous faites bien de prendre la parole parce qu’il me semble que lorsque vous avez pris quelques semaines la présidence de la chorégie vous avez été exfiltré assez rapidement. Parce que vous avez une attitude tellement délétère au sein de cette association qu’il a fallu vous mettre sur la touche. »

 

C’en est trop pour l’assemblée qui se disperse, crie, s’agace… Et c’est donc sur ce qui semblait être de véritables règlements de comptes que la séance a été suspendue pendant quelques minutes.