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Paca: Mais personne n'aime (vraiment) le nom de cette région? - 20 minutes - 16 janvier 2018

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Quatre lettres, et beaucoup de remous. Dénommée Paca depuis 1972, le nom de cette région de France fait jaser, au point que certains hommes politiques appellent à un nouveau baptême de toute urgence. Mais là aussi, le débat sur le nom n’est pas encore tranché…

 

Muselier dirait le Sud Il y a un mois, le conseil régional votait lors de son assemblée plénière d’adopter le diminutif « région Sud » à « Provence-Alpes-Côte d’Azur ». L’idée est d’utiliser désormais « région Sud » comme diminutif. « Provence-Alpes-Côte d’Azur c’est compliqué à l’oral, donc la Région Sud ça fonctionne bien », avait expliqué à l’AFP Renaud Muselier, président de la région. Dans le texte adopté, il est expliqué que le nom Provence-Alpes-Côte d’Azur, « fréquemment réduit à l’acronyme Paca, (…) perd toute signification auprès du grand public régional, national et international ».

 

« C’est une évidence, tout un chacun pense au Sud quand il pense à notre région et non pas à Paca », ajoute le texte, estimant que « Sud induit une image très positive : le bien vivre, la lumière, les paysages de rêve, etc. ». Contactée, la Région n’a pas voulu donner suite à nos sollicitations, au motif qu’elle « communiquera officiellement très prochainement sur la nouvelle marque SUD. »

 

Il y a pourtant (peut-être) un hic. L’ancienne région Languedoc-Roussillon développe de son côté, depuis 2006, la marque « Sud de France ». Soit deux Suds pour deux régions différentes…. Du côté de Montpellier, « Sud de France » vise à « identifier, sous une image commune, des produits de qualité, rattachés à un territoire et à une culture ». Cette marque vise notamment à valoriser les vins et les produits agroalimentaires de ce territoire. Contactée, l’antenne languedocienne de la région Occitanie a indiqué ne « pas avoir de réaction particulière » quant à cette deuxième revendication « sudiste ».

Une pétition pour la Provence Or, ce nouveau surnom en fait bondir certains, notamment sur Internet. L’ancien conseiller régional et actuel conseiller municipal aixois du Partit Occitan Hervé Guerrera a lancé il y a un peu plus d’un mois une pétition, et a déjà récolté plus de 10.000 signatures. Le constat de départ est le même que celui de Renaud Muselier. « Ce n’est pas un nom, c’est un sigle », peste Hervé Guerrera. Et de regretter : « Paca, c’est très laid, ça mène à des raccourcis type "Paca Caca". C’est un nom à rallonge, ça ne marche pas. C’est un truc de technocrate. Et Paca, à l’international, on ne sait pas ce que sait. »

Hervé Guerrera et ses cosignataires plaident de leur côté pour le nom « Provence » en raison de son ancrage culturel et historique. Cette tentative n’est toutefois pas une première. Pour rappel, l’ancien président socialiste de la région Paca Michel Vauzelle avait lancé une consultation en 2009. Une majorité des réponses se prononçait en faveur du nom Provence. Mais dans les colonnes du Dauphiné Libéré, en 2010, Michel Vauzelle avait annoncé renoncer à rebaptiser la région, face notamment à la réticence des élus de Hautes-Alpes et niçois.

 

Une histoire de marketing ? « Les réactions sont un peu surdimensionnées », analyse Christophe Alaux, directeur de la chaire attractivité et nouveau marketing territorial et directeur de l' Institut de Management Public et Gouvernance Territoriale. Ce spécialiste rappelle qu’au moment de la fusion des régions, plusieurs se sont interrogées sur le nom à donner à cette entité. « Cela reflète le fait que les régions se cherchent un périmètre d’action, elles se cherchent une nouvelle place. » Et d’ajouter : « Il est plus facile de polémiquer sur un nom que sur le rôle d’une région en termes d’attractivité économique par exemple. »

Le changement de nom administratif demande en outre une procédure complexe, notamment devant la justice. Mais Christophe Alaux distingue ce nom administratif, des « marques » à mettre en avant sur le territoire. « Le nom d’un territoire, ce n’est que 5 % du marketing territorial. Le vrai marketing territorial, c’est mobiliser des acteurs pour travailler ensemble. Un investisseur ne va pas venir car la région s’appelle "Sud, mais parce que certains acteurs clés sont capables de travailler ensemble, ce qui constitue un terreau propice à son activité. »