LA LETRA OCCITANISTA

MARSEILLE 17 OCTOBRE 2015

Regions et Peuples Solidaires

Réseaux sociaux

Redécoupage des cantons: les zones rurales moins bien représentées et un bipartisme réaffirmé

 

 

 

Initiée à l’automne 2012 par le Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, la loi « relative à l'élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral » promulguée le 18 Mai 2013 entraîne un redécoupage des cantons dont le projet varois insufflé par le Préfet sera à l’étude le 13 décembre au Conseil Général.

 

Pour le Partit Occitan, la loi apporte un certain nombre d’avancées qu’il convient de mettre à l’actif du Gouvernement. Parmi les plus marquantes, outre l’abrogation du conseiller territorial, le renouvellement par intégralité et non plus par moitié des futurs Conseillers Départementaux (qui devrait remobiliser l’électorat et insuffler une nouvelle dynamique démocratique), le Partit Occitan tient tout particulièrement à saluer la volonté du Gouvernement de renforcer la parité hommes / femmes dans la vie politique et les fonctions électives. A ce jour le Conseil Général du Var, qui se compose de 43 élus, ne compte que 6 femmes pour 37 hommes, se trouvant ainsi dans la triste moyenne hexagonale, scandaleusement basse, avec une représentation féminine d’à peine 14% ! Mais si le principe est bon, la mise en œuvre de ce principe est très décevante car elle fait l’impasse tant sur l’exigence de représentativité des sensibilités politiques des citoyens (le système actuel comme à venir du mode désignations dans les départements favorise le bipartisme) que sur le principe d'égale représentation des territoires (qu’ils soient urbains ou ruraux).

 

Si le choix du scrutin binominal paritaire homme/femme par canton est un élément de réponse en faveur de l’égalité entre les Sexes, le maintien du canton comme circonscription électorale de base pour le Département, et ce malgré l’élargissement de son périmètre, ne répondra pas aux dérives clientélistes, bien connues en particulier dans le Var, inhérentes à l’hyper proximité d’un élu et son micro-territoire qu’est le canton.

 

De plus, la redéfinition du périmètre des cantons, au détriment des territoires les moins peuplés, va pénaliser les zones rurales qui seront beaucoup moins représentées que précédemment. La seule prise en compte de données démographiques dans la délimitation de circonscriptions n’est pas satisfaisante. Pour le POc, il convient de considérer également la taille du territoire et sa nature (ses spécificités, ses particularismes, ses contraintes, etc.) afin d'éviter des politiques uniformisatrices qui sont toujours créatrices d'injustices.

 

Aussi, afin de garantir l’égalité entre les territoires tout en limitant le clientélisme, rationaliser l’action politique tout en évitant la technocratie, garantir l’équilibre de l’intérêt local et collectif, il aurait fallu une réforme plus ambitieuse.

 

Tout en continuant à appeler de ses vœux la fusion du département et de la région dans un avenir proche, le POC estime qu’il aurait fallu, dans l’immédiat, créer à l’échelon du Département (idem pour la Région, le Parlement ou l’Intercommunalité) une assemblée bicamérale qui se serait composée d’une part d’une chambre qui aurait représenté la diversité des opinions et des sensibilités politiques (élue à partir d’un scrutin de liste à la proportionnelle et paritaire hommes / femmes ) et d’autre part d’une chambre qui aurait représenté les territoires, leurs spécificités, leurs intérêts dont l’échelon de représentation de base aurait pu être les EPCI.

 

Ce n’est qu’au prix de cette double exigence démocratique que l’on redonnera un souffle à la citoyenneté.

 

Pèire COSTA,

Toulon

Le 12/12/2013

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